Témoignages de jeunes ambassadeurs

Les Jeunes Ambassadeurs de la Défenseure des Enfants racontent leur expérience.

Promotion 2008-2009

Shéhérazade, 19 ans. Intervient dans le 92. « Mon intervention en tant que jeune volontaire auprès de la Défenseure des enfants est une initiative personnelle et en totale corrélation avec mon projet professionnel. Je souhaite travailler dans le milieu social et pourquoi pas m’engager dans la promotion des droits de l’enfant dans les pays étrangers. Le JADE a un rôle essentiel auprès des enfants car il les informe, les stimule, les valorise, les responsabilise sur leurs droits. Je qualifierai nos missions par ces mots : "réflexion, responsabilisation et persévérance". C’est formidable de participer une fois dans sa vie à une cause aussi importante. C’est une expérience unique en son genre. »

Jean-Yves, 24 ans. Intervient dans le 93. «Etre jeune ambassadeur nous permet de voir des horizons différents, de faire des actions concrètes et de se rendre utile pour la collectivité. C’est une ouverture sur le monde, une expérience humaine et sociale : c’est l’école de la vie. On intervient au cœur de l’éducation des jeunes. L’école est le lieu idéal pour transmettre les valeurs importantes et nécessaires au développement de l’enfant. C’est un investissement personnel qui me donne l’occasion d’agir en fonction des valeurs auxquelles je crois. Nous avons tous entre 18 et 25 ans ce qui crée une proximité avec l’enfant. Nous sommes des interlocuteurs adaptés pour leur parler de leurs droits. Le message passe plus facilement.»

Yoann, 23, Poitiers. «Lors de nos interventions dans les classes de collèges, en tant que représentants de la Défenseure des enfants, nous présentons la Convention internationale des droits de l’enfant et nous parlons de la situation critique de certains mineurs dans le monde. Les enfants sont impliqués, réactifs et sensibles sur ces grands thèmes ainsi que sur la violence, les discriminations,... Nous transmettons des connaissances et nous leur faisons prendre conscience de certaines réalités. Nous organisons des jeux permettant de les faire réagir sur les droits des enfants, le handicap et les différences. C’est mieux que des discours !»

Fatimé, 23 ans, Strasbourg.«La Défenseure de enfants n’est malheureusement pas assez connue des enfants alors qu’elle joue un rôle essentiel dans le respect de leurs droits. Ce serait formidable que les associations citent la Défenseure des enfants lors de leurs interventions dans les classes car il est indispensable que tous les enfants de France métropolitaine et des DOM-TOM connaissent l’institution. La Défenseure des enfants devrait être connue de tous !»

Julie C. 22 ans. Intervient dans le 91. «On intervient surtout dans les classes de 5ème des collèges car le programme d’éducation civique aborde le thème des droits de l’homme. Nos interventions sont en adéquation avec l’enseignement de l’Education nationale et le fait que les droits des enfants soient expliqués par des jeunes crée un lien et un contact « familial ». A chaque heure passée avec eux, ils nous remercient et sont heureux de connaître leurs droits. Nous leur disons qu’ils sont à leur tour les jeunes ambassadeurs de la Défenseure des enfants et qu’ils doivent informer leurs camarades de leurs droits. Il est important qu’ils sachent tous qu’ils ont une place dans la société au même titre que les adultes.»

Promotion de janvier 2007

Wardia, 22 ans (94) : «On a un meilleur contact avec les jeunes que les adultes ! Les élèves apprécient vraiment qu’on leur parle de leurs droits. Ils ignoraient tout de la Convention des droits de l’enfant et ils nous ont posé beaucoup de questions sur la manière de contacter la Défenseure. De manière générale, les élèves font preuve d’une grande ouverture d’esprit et s’intéressent particulièrement à la condition des enfants dans le monde. L’égalité fille-garçon est également un thème qui revient souvent !»

Gabrielle, 21 ans (75) : «Ce qui me révolte, c’est qu’il n’y a pas d’ obligation pour les Etats d’appliquer la Convention des droits de l’enfant. En France, je me suis rendue compte que si on reste un modèle dans beaucoup de domaines, on n’est pas toujours "clean" au niveau des droits de l’ enfant. Il existe beaucoup de cas de maltraitance et encore trop d’enfants sont exploités, même si cela ne prend pas une forme aussi radicale que dans d’autres pays.»

Sébastien, 24 ans (94) : «J’ai été très surpris de voir comment les adolescents, qui conservent une part d’innocence et de naïveté, portent un regard lucide sur la société. Au delà d’un enrichissement personnel, je considère que notre rôle est primordial auprès des enfants. En tant que jeunes, on arrive à instaurer un contact privilégié avec eux, et on sent qu’ils sont très intéressés par les actions de la Défenseure des enfants. Il faut absolument que la Convention internationale des droits de l’enfant et que la Défenseure soient davantage connues au sein des écoles»

Sophie, 24 ans (75) : «Les enfants et adolescents ont plutôt tendance à agir dans l’ urgence, et préfèrent souvent composer un numéro de téléphone plutôt que d’écrire une lettre. C’est pourquoi notre mission consiste également à leur montrer qu’il y va de leur intérêt de prendre le temps d’écrire à la Défenseure. En effet, en tant qu’entité institutionnelle, elle bénéficie d’une marge d’action très large et peut peser auprès de toutes les autres autorités. En France, la violence est bien réelle... mais cachée. Les enfants étant les êtres humains les plus vulnérables, je trouve donc essentiel qu’ils sachent qu’il existe pour eux des moyens de se défendre et de s’en sortir.»

Isoline, 24 ans (75) : «Ce que nous faisons pour l’Institution de la Défenseure des enfants est plus qu’une mission d’intérêt public. Beaucoup trop d’enfants ne connaissent pas leurs droits, et ils ne sont pas les seuls ! Les professionnels et adultes qui sont autour d’eux ne connaissent pas tous la Convention des droits de l’enfant et encore moins la Défenseure. C’est un sacré défi que de faire passer un message aussi sérieux de manière ludique et pédagogique. Par exemple, grâce au slam, les enfants peuvent s’exprimer en toute créativité sur des thèmes qui leur tiennent à cœur. Les thèmes qui sont le plus ressortis ont été l’intégration des enfants handicapés, la différence fille / garçon et la discrimination raciale.»

Promotion de septembre 2007

Jean-Marie, 24 ans (93) : «J’aimerais vraiment devenir éducateur et cette expérience auprès de la Défenseure des enfants est extraordinaire. Nous avons un très bon contact avec les ados. On utilise le même vocabulaire qu’eux (tout en restant toujours polis !), ça crée un lien immédiat. Les ados sont très intéressés par le thème de la guerre et des enfants soldats. Certains en ont pourtant une représentation erronée et ne font pas facilement la distinction entre la guerre que vivent réellement ces enfants et celle du cinéma. A nous de leur faire comprendre... Parfois, on est presque obligés de les "choquer" un peu, avec des exemples très concrets car certains ne prennent pas le sujet au sérieux.»

Vanessa, 25 ans (86) : «Je compte devenir éducatrice à la Protection judiciaire de la jeunesse car j’ai vraiment envie d’aider les adolescents qui n’ont pas forcément "bien" commencé. J’ ai eu la chance de grandir dans une famille idéale, ce n’est pas le cas de tout le monde et j’aimerais que les ados aient tous leur part de bonheur. Rien n’est irréversible et rien n’est perdu, bien au contraire ! Etre jeune ambassadrice me permet de travailler avec les enfants (et c’est un vrai plaisir !) mais aussi de bien me rendre compte de leurs réalités. Certains n’ont pas conscience de ce que peuvent vivre les enfants à travers le monde. D’autres connaissent mal leurs devoirs... mais les droits s’accompagnent de devoirs. Le plus difficile ? Lorsque la classe n’est pas réceptive. C’est rare mais ça arrive, hélas.»

Benjamin, 24 ans (93) : «Les enfants découvrent qu’ils ont des droits qu’ils ne soupçonnaient pas, comme le droit à l’identité, le droit de vivre en famille. Pour la plupart, ce ne sont pas des droits mais des évidences. Ils n’imaginent pas que d’autres enfants puissent en être privés. On leur apprend des choses, on les sensibilise et grâce à eux, on apprend également beaucoup d’un point de vue humain. Ils ont une énergie et une réactivité incroyable !»

Rabihia, 23 ans (95) : «Travailler en binôme nous permet d’être complémentaires et de mieux répondre aux attentes des enfants. Si l’une a un doute ou est fatiguée, l’autre répond et redynamise les échanges. Parfois, nous voyons six classes par jour... Travailler à deux nous permet d’être réceptives et attentives à tous les enfants. D’ailleurs, ils se confient beaucoup à nous et nous livrent mêmes leurs secrets. Cette confiance permet d’aller plus facilement au bout des choses. La parole est facile. Nous avons l’âge de leurs grandes sœurs et ils se sentent proches de nous.»

Marie, 24 ans (86) : «Les élèves sont souvent étonnés, voire effarés quand on leur parle de la situation des enfants dans certains pays. L’exploitation économique ou sexuelle ainsi que les conflits armés sont des thèmes qui les touchent et les révoltent. On sent qu’ils ont envie de changer les choses. Ils posent aussi beaucoup de questions sur la justice des mineurs et sont à l’aise avec nous. Peut-être parce qu’ils savent qu’on a vécu les mêmes problèmes qu’eux il y a peu de temps. Ca nous donne une légitimité. Et quand on insiste sur l’importance de l’école par exemple, le message passe mieux qu’avec les adultes.»

Si tes droits ne sont pas respectés, contacte directement la Défenseure des enfants

104, boulevard Auguste Blanqui
75013 Paris